Même les vices ont une histoire. Pour l'historien la question est de saisir le sens qui se trouve derrière les différentes descriptions des vices à travers le temps. Au Moyen-Âge les vices étaient classés systématiquement. Il y avait des vices principaux, considérés comme la racine d'autres vices dits secondaires, entraînant à leur tour d'autres vices. Les vices étaient considérés d'une part comme des péchés et d'autre part comme une description générale des comportements et des passions de l'homme. La représentation et la description des différents vices abordent pratiquement tous les domaines de la culture médiévale, il en découle une littérature prolifique, reflet vivant des voux et des peurs de l'homme du Moyen-Âge. Cette abondante littérature constitue une véritable description de la vie sociale au Moyen-Âge.

C'est la variation dans la classification des vices à travers le temps qui constitue l'histoire proprement dite des vices. Les variations dans la liste des vices, souvent minimes, mais riches d'un enseignement significatif sur l'évolution profonde des sociétés dans ce qu'elles se représentent comme étant le mal, est souvent révélateur de son projet fondamental. Les vices ne seront pas les mêmes s'il s'agit d'un moine du désert ou d'un théologien fréquentant une université au Moyen-Âge. Un même vice se transformera au fil du temps et sera adapté aux personnes en fonction de la mission remplie et des obligations qui en découlent.

La description des vices ne changera pas seulement au fil du temps, mais également en fonction de l'évolution des besoins. Les manuels de confession, véritables recueils de péchés et outils d'examen de conscience des laïcs, illustrent bien cette évolution parallèle aux thèses des sommes théologiques. Les ouvres littéraires populaires ne sont pas constituées uniquement de contenus iconographiques relevant des beaux-arts.

Le "Colloque médiéval fribourgeois 2006" de l'institut d'études médiévales se consacre en première ligne à la longue tradition des sept péchés (resp. huit) capitaux. Ce congrès international sera le premier à traiter ce thème et permettra en fonction des spécialités, de mettre en lumière les différentes facettes du sujet des péchés capitaux. Le nombre de participants et participantes, exclusivement constitué d'un choix de scientifiques de renommée internationale, a été volontairement limité à 14 personnes.

Notre souci a été de réunir des scientifiques des différentes branches de l'hitoire du Moyen-Âge, mais pas uniquement des spécialistes des péchés capitaux, mais également des chercheurs et chercheuses dont les domaines de recherches sont pertinents pour notre thème.

 

 

Colloque Fribourgeois 2006 "Les vices au Moyen Âge"

20-22 février 2006